Journées suisses des
Médecines du personnel
des Institutions de soins

La main au travail
Lausanne - CHUV
18-19 novembre 2004

Journées scientifiques
de la Société Suisse
de Médecine du Travail

Syndrome du tunnels carpien, épicondylite et travail : point de vue du médecin du travail

Elisabeth Conne-Perréard,

OCIRT Office cantonal de l'inspection et des relations du travail, Genève

L'évaluation du lien travail-santé est au centre des préoccupations du médecin du travail, quelle que soit la pathologie en cause, a fortiori en cas de troubles musculo-squelettiques.

Le syndrome du canal carpien (SCC) est l'une des affections péri articulaires pour laquelle les facteurs étiologiques professionnels sont les mieux établis :

- répétition de mouvements identiques ou similaires par la main ou le poignet,
- mouvements impliquant le développement de force par la main,
- utilisation d'outils vibrants,
- appui fréquent ou prolongé sur le poignet ou le talon de la main.

Dans le cas des épicondylites, le développement de force comme facteur isolé, mais surtout la combinaison de facteurs de contraintes est mise en cause.

Aux facteurs de risques physiques viennent s'ajouter des facteurs psycho-sociaux. La monotonie, le faible degré d'autonomie, la pression sur les rythmes de travail, le manque de soutien social et de reconnaissance sont reconnus comme pouvant influencer la survenue ou l'évolution de troubles musculo-squelettiques. Avec la psychiatre française Marie Pezé nous pouvons aussi nous demander « Comment s'étonner que faire travailler les mains à des gestes vides de sens soit source de pathologie ? »

Une enquête réalisée à Montréal montre que la part attribuable au travail des interventions chirurgicales pour SCC, parmi les travailleurs manuels est de 55% pour les femmes et 76% pour les hommes (Rossignol 1997). Bourgeois (2000) estime à 36% la fraction étiologique des gestes répétitifs dans le cas d'épicondylite.

La conférence de consensus SALTSA (Sluiter 2000) a proposé de standardiser, entre autres, la définition du SCC et de l'épicondylite, dans la perspective d'un repérage des formes précoces, dans un but de prévention. Outre la définition des symptômes d'appel et des critères cliniques, des facteurs de risques professionnels spécifiques de SCC, pour le poignet en général, et pour le coude sont donnés. Des outils d'évaluation de l'astreinte psychologique et du support social, sont également proposés par le consensus. Les données recueillies permettent dans l'entreprise d'expliquer la nécessité de modifier le processus de travail et de valider ces améliorations.